En ces temps de pandémie, j’avais envie de vous parler de contagion… émotionnelle.

En ces temps de transformation du monde, j’avais envie de vous parler de sensibilité

En ces temps de drames, et je pense particulièrement à celui qui a cruellement touché les Libanais ces derniers jours, j’avais envie de vous parler d’empathie.

Du coup, c’est un mélange des 3 qui inspire cet article ;

Parce que les émotions sont beaucoup plus contagieuses que le COVID , et parce que cette contagion est susceptible de nous affecter beaucoup plus que ce que l’on ne croit.

Parce que ces sujets me touchent. Moi qui suis, ce que l’on appelle dans le langage commun, une « éponge »,

Parce que, enfin, je  pense à toutes les personnes sensibles de mon entourage qui me font le cadeau de nos échanges riches et profonds,  et à celles que je reçois dans mon cabinet et que j’ai la chance et l’honneur d’accompagner sur le chemin de leur transformation et de leur épanouissement.

Sensibilité… hypersensibilité… hyperempathie…

Beaucoup d’entre nous se disent « trop sensibles », souhaitent apprendre à s’endurcir, se forger une carapace pour se protéger du trop plein, vivre plus sereinement, prendre les choses moins à cœur…

Marie,  jeune femme douce et posée voudrait arriver à ne pas se laisser émouvoir par les états d’âme de sa collègue de travail, véritable moulin à paroles, qui passe ses journées à se plaindre et à raconter des histoires les plus dramatiques les unes que les autres.

Marie rentre le soir chez elle totalement épuisée, vidée. Et triste.

C’est normal. Marie. est une personne très empathique. Qui sait écouter les autres. Qui les comprend. Mais comme de nombreux empathiques, elle fait l’erreur de tolérer trop longtemps  ces « vampires énergétiques » au point de sortir épuisée de ces échanges (qui, ceci dit, se font toujours dans le même sens !)

Il est vrai qu’être très sensible est vécu et considéré, dans notre société, davantage comme une difficulté que comme une force.

Pourquoi ? Et bien notamment parce que les personnes très sensibles peuvent être plus facilement bouleversées ou anxieuses, sujettes au stress et supportant difficilement la pression, les conflits, les turbulences de la vie ou tout simplement les changements. Souvent très empathiques, ces personnes ont des aptitudes plus développées que la moyenne à capter les émotions des autres, à absorber leurs joies, mais aussi leurs tristesses, leurs colères, leurs peurs…

En situation professionnelle, un environnement conflictuel, stressant où la pression est permanente peut être source d’épuisement. Ceci est vrai, bien entendu, chez tout le monde, mais les personnes très sensibles et empathiques peuvent éprouver plus de difficultés à récupérer après une journée stressante. 

C’est Carl Gustav Jung qui fut l’un des premiers scientifiques à s’intéresser au début du 20e siècle à l’hypersensibilité. Depuis, les recherches se sont multipliées et démontreraient qu’aujourd’hui, entre 15 et 20% de la population serait doté d’un système nerveux sensible.

Elaine N. ARON, la grande spécialiste de l’hypersensibilité nous explique dans son ouvrage « ces gens qui ont peur d’avoir peur, mieux comprendre l’hypersensibilité » que face à un même stimulus, nous ne  sommes pas tous égaux : notre système nerveux s’active plus ou moins facilement dans une même situation. Chez les personnes hypersensibles, le seuil d’activation du système nerveux serait plus bas que chez les personnes moins sensibles.

Cette différence est tout à fait normale. Elle serait fortement héréditaire et s’observe chez tous les mammifères : souris, chats, chiens, chevaux, singes et humains.

Cette différence signifie que les hypersensibles sont capables de ressentir des stimuli qui échappent aux autres. Et par stimuli on entend : bruits, odeurs, lumières, gouts, matières… Les informations parvenant au cerveau sont traitées de manière plus méticuleuse : les hypersensibles portent une attention toute particulière aux bruits, aux images, aux odeurs, à l’ambiance qui les entoure et prend soin de les analyser, de manière inconsciente. Peuvent être concernés seulement 1 ou 2 sens ou tous les sens.

Cette sensibilité accrue présente de nombreux avantages, comme nous le verrons par la suite. Néanmoins, elle a également des inconvénients. Elaine Aron le résume très bien « ce qui est modérément stimulant pour la plupart des gens risque d’être extrêmement stimulant pour nous. Ce qui est extrêmement stimulant pour la plupart des gens provoque, chez un hypersensible, une réaction brutale ». Et c’est là que le système nerveux s’emballe.

 Et lorsque le système nerveux est suractivé, c’est l’ensemble de l’organisme qui réagit comme pour signaler un danger. L’organisme a donc besoin de temps et d’énergie pour se remettre au repos, pour récupérer.

L’état de bien-être d’un individu apparaît lorsque le niveau de stimulation n’est ni trop fort ni trop faible. Une stimulation insuffisante nous rend amorphe alors qu’une sur-stimulation perturbe, génère du stress et du désordre dans nos pensées. L’idéal est de trouver le juste milieu, son propre juste milieu.

Un réseau de neurones spécifique…

Mais ce n’est pas tout.

Outre l’hyperesthésie (sensibilité accrue d’un ou plusieurs sens), les personnes hypersensibles présentent généralement une forte capacité d’empathie.

Des chercheurs en  neurosciences ont par ailleurs découvert qu’un groupe de neurones serait à l’origine de l’empathie :  il s’agit des neurones miroirs. Des expériences ont montré que le même réseau de neurones s’active chez les personnes qui exécutent une action et chez celles qui les observent.  Les neurones miroirs nous amènent donc à souffrir si notre conjoint souffre, à nous sentir tristes si notre ami pleure ou à éprouver de la joie lorsque notre enfant est heureux. A l’inverse, les psychopathes, sociopathes et narcissiques présenteraient ce que les scientifiques qualifient de « déficit d’empathie » qui pourrait être causé par une sous-activation de leurs neurones miroirs. Voici une courte vidéo très instructives sur le rôle des neurones miroirs

Neurones miroirs sur-activés

Les personnes très sensibles et très empathiques pourraient, elles, être hyperréactives aux neurones miroirs. Les émotions des autres résonnent chez elles avec une grande acuité et sont hyper contagieuses !

Voilà pourquoi, si vous êtes particulièrement sensibles et empathiques vous devez veiller, chaque fois que possible, à bien vous entourer !

Un échange avec une personne négative, ou tout simplement avec une personne avec laquelle on n’est pas à l’aise, peut nous épuiser ; Un contact avec un collègue stressé et sous pression est susceptible de modifier notre humeur, sans même que nous en ayons conscience.

Mettre en place des protections

Les personnes hypersensibles ont besoin, vous l’aurez compris, d’environnement serein, positif et sain. Elles doivent fuir les milieux compétitifs et stressants ou lorsque ce n’est pas possible,  mettre en place des stratégies leur permettant de se protéger.

Judith ORLOFF, nous donne dans son ouvrage « guide de survie des hypersensibles empathiques » des clés permettant de se protéger de la surcharge empathique, pour  vivre son hyperempathie comme une véritable force, un privilège mis au service de notre épanouissement et de celui des autres.

Ses conseils :

Fuir : les narcissiques, les victimes, les moulins à paroles, les personnes agressives, les maniaques du contrôle

Poser des limites claires et bienveillantes et les faire respecter

Prendre conscience de ses besoins : calme , moments de solitude,  environnement serein, besoins physiologiques.

Les personnes hypersensibles peuvent également avoir tendance à la rumination. Les Américains évoquent « l’overthinking » ou « trop de pensées » qui amènent la personne à décortiquer sans cesse son passé, son présent, ce qu’il se passe en elle et à appréhende son futur.  Elle est en questionnement incessant et remet tout en question. Son monde intérieur est très riche, mais génère parfois de l’anxiété.

Une susceptibilité accrue aux émotions  peut aussi se manifester, à certaines périodes ou dans certaines circonstances.

Dans ces situations, et notamment dès que le système nerveux est en état de sur-stimulation, l’important est de pouvoir immédiatement réduire le niveau de stress de l’organisme. La cohérence cardiaque est un outil très puissant, facile d’utilisation et rapide,  que je conseille à mes clients dès que le besoin de « faire baisser la pression » se fait sentir. Rappelons que 5 minutes de cohérence cardiaque agit pendant plusieurs heures (3 heures environ) en faisant baisser le niveau de cortisol (hormone du stress) dans l’organisme.

Ensuite, bien entendu, un travail de reconnaissance et d’acceptation de sa sensibilité et de ses émotions est la voie qui mène à la libération de son plein potentiel.

Apprendre à s’écouter, à mieux se connaître,  prendre en compte et faire respecter ses besoins psychologiques et physiologiques, développer des stratégies de protection mène à l’acceptation de soi et permet de se sentir à sa place dans ce monde.

Voir son hypersensibilité comme un cadeau

Hypersensibles, empathiques : plus que jamais notre monde a besoin de vous !

Vous faites partie des gens passionnés dotés d’une grande intuition, de créativité. Votre sensibilité et votre imagination contribuent à changer le monde.

Votre capacité de compassion pour les autres fait que les gens aiment se confier à vous et vous font confiance. Vous avez la capacité de lier de grandes et belles amitiés.

Vos capacités à analyser, réfléchir, remettre en question vous permettent d’être en constante évolution, de ne jamais vous ennuyer.

La sensibilité est ce qui permet de vivre une vie intensément.

C’est ce qui permet de pressentir des choses et de suivre son intuition, de comprendre des situations ou des personnes sans même qu’une explication n’ait été donnée.  C’est ce qui permet de formuler les bons mots au bon moments, d’aimer et d’être aimé, d’apporter de la douceur à des situations froides ou cruelles, d’apprécier la beauté de ce monde et de le rendre meilleur.

La sensibilité est une force : offrons lui la place qu’elle mérite.

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4 commentaires

Roux · 10 août 2020 à 17 h 49 min

54 ans après, je lis l’article et je me dis : Mais c’est bien sûr ! Et bien plus encore…. Petite claque. Et maintenant…. Yaka !

    Christel · 10 août 2020 à 20 h 35 min

    On apprend sur soi à tout âge…Bravo ! et si cet article a pu vous donner des déclics, j’en suis ravie; Apprivoiser sa sensibilité est une très belle aventure. Soyez doux(ce) avec vous même, attentif(ve) à vos besoins, à ce qui vous fait « vibrer » dans la vie, suivez votre intuition et faites vous confiance. Je vous souhaite une bonne continuation sur ce chemin.

Roux · 17 août 2020 à 22 h 39 min

Merci pour toutes ces explications. Elles me permettent de mieux comprendre mon ressenti intérieur et de savoir que l on peut apprendre à gérer et vivre avec cette sensibilité accrue .c c’est plutôt rassurant.

    Christel · 19 août 2020 à 15 h 04 min

    Oui, la sensibilité est un beau cadeau de la vie! Et quand elle est mise au service de soi-même et des autres, cela peut être un grand bonheur! Je vous souhaite une belle continuation.

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